___________________________»___Certains moments ont un goût d'Eternité.___________________________Marc Levy

___________________________»___Certains moments ont un goût d'Eternité.___________________________Marc Levy
« Ces ténèbres ont-elles un nom ? Cette cruauté, cette haine ? D'où nous viennent-elles ? Ce sont-elles introduites à notre insu ou sommes-nous allés les chercher délibérément ? Qu'a-t-il bien pu nous arriver ? Depuis quand avons-nous perdu la voix, enveloppés par les ombres et par les ténèbres ? Ces ténèbres ont-elles un nom ? Et si ce nom, c'était le votre ? »
_Lucas Scott


_____ Andrew. Sa seule certitude est son nom. Le reste, il l'a oublié. Il ne sait plus rien, sauf son nom.
Il est perdu. Perdu dans son esprit. Mais son nom résonne partout autour de lui, comme une réponse aux ténèbres ...


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# Posté le lundi 14 juillet 2008 10:20

Modifié le vendredi 18 juillet 2008 16:01

___________________________»___ Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de ___________________________»___ sommeil.___________________________Shakespeare

___________________________»___ Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de ___________________________»___ sommeil.___________________________Shakespeare
Prologue
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_____ J'ouvris les yeux sur un mur qui m'était maintenant devenu familier. Un mur blanc, sans reflet. Blanc comme ma mémoire. Je me redressai dans mon lit, frottant doucement mes yeux pour les habituer à la luminosité ambiante. Jetant un coup d'½il à mon réveil, je remarquai qu'il était 7h du matin. L'infirmière était bien matinale aujourd'hui. Laissant ma tête partir en arrière contre l'oreiller, je grommelai de mécontentement et refermai les yeux en attendant qu'elle reparte. Seulement, le bruit de la porte ne vint pas et je fus donc contraint de regarder ce qu'il se passait. Un jeune homme blond était en train de ranger ses affaires dans une armoire blanche tandis que mon infirmière lui préparait un lit ainsi que l'horrible pyjama de l'hôpital. Ayant finit sa tâche, elle se tourna vers moi en me lançant un regard qui signifiait « Sois gentil avec lui, s'il te plait ». Il allait voir le nouveau ... Elle s'approcha de moi et posa sa main sur mon front.

- J'ai plus 10 ans, grommelais-je.
- Tu as l'air d'avoir un peu de température, lui répondit Katy en l'ignorant, Tu es sûr que ça va ?
- Bien sûr que oui. Comme depuis que je suis ici ...
- Garde le moral Andrew, ça a l'air d'avancer du côté de l'assistante sociale, lui confia-t-elle.

Je détournai la tête, signe que la conversation était finie pour moi. Je ne me souvenais peut-être de pas grand-chose –rien en réalité- mais je n'avais pas pour autant perdu mon sale caractère. Ou étais-je seulement quelqu'un de nouveau ? Partant dans mes réflexions, je ne remarquai pas la main tendue vers moi.

- Euh ... Salut ! Je m'appelle Aaron.

Daignant à peine de lever les yeux vers lui, un « Mmmh » franchit mes lèvres. Je comptais bien lui faire comprendre qu'il n'était pas le bienvenu dans ma chambre.

- Je vois ... Ecoute, tu peux toujours m'ignorer, en attendant, je suis toujours là. Et pour un bout de temps, dit Aaron.
- Combien ? Lui demandais-je, prenant un petit peu part à la conversation.
- Un mois !
- Mais comment vais-je faire pour le supporter tout ce temps, murmurais-je entre mes lèvres. C'est toi qui vas m'écouter. Ici, c'est moi le plus ancien, je ne compte pas me plier à une quelconque règle venant de ta part alors je préfèrerais que tu gardes tes distances. D'ailleurs, j'ai une terrible envie de dormir, lâchais-je ironiquement.
- Très bien, bonne nuit Kyle.

Je ne tiltai pas directement mais dès que ses derniers mots arrivèrent enfin à mon cerveau, je m'assis subitement. Il se tourna vers moi, suspicieux.

- Comment tu m'as appelé ?
- Il faudrait savoir, je n'ai pas envie de devoir vivre au grès de tes humeurs non plus. Je suis peut-être nouveau, ce n'est pas pour autant que je n'ai pas ma place !
- Réponds-moi ! S'il te plait ... Ajoutais-je, le voyant réticent.
- Je t'ai appelé Kyle.
- Mais ... Ce n'est pas mon nom.

Les questions se bousculaient dans ma tête. En savait-il plus que moi sur ma vie passée ? M'avait-on menti depuis le début ? Qui était-il ?

- Je sais. Mais je ne connais pas ton vrai prénom, me répondit-il.
- Pourquoi Kyle alors ? Persistais-je.
- J'ai entendu des jeunes dans le couloir parler d'un nouveau –moi. Ils disaient que j'allais me retrouver dans la chambre du « sans-mémoire ». C'est tout.

J'essayais du mieux que je le pouvais de ne pas faire attention à ce que disaient les autres depuis que je m'étais réveillé dans cet hôpital mais le seul surnom qu'ils m'avaient donné ne faisait que me rappeler qui j'étais. Ou plutôt, ce que je n'étais pas.

- Kyle, parce qu'il y a une série qui s'appelle Kyle XY et que lui aussi, il a perdu la mémoire, continua-t-il.
- D'accord, mais moi c'est Andrew !
- Parfait. Maintenant, puisque tu voulais tant dormir, laisse-moi à mes occupations, me lança-t-il, sarcastique.

Je me recouchai, un sourire aux lèvres. Je sentais que j'allais bien m'entendre avec Aaron. Seulement, les coins de ma bouche s'affaissèrent rapidement, les questions revenant hanter mon esprit. Jamais je n'étais tranquille. Il était encore tôt et, fatigué, je sus me rendormir rapidement. Fermant les yeux, je me retrouvai de nouveau face à cette seule certitude que j'avais depuis maintenant 44 jours.
« Je m'appelle Andrew, j'ai 16 ans. Et je ne sais plus qui je suis. »

# Posté le lundi 14 juillet 2008 10:37

Modifié le vendredi 18 juillet 2008 16:00

___________________________»___Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit.___________________________Khalil ___________________________»___Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit.___________________________Gibran

___________________________»___Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit.___________________________Khalil ___________________________»___Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit.___________________________Gibran
Chapitre 1
+
_____ - Tu te fais opérer demain n'est-ce pas ?

Il tourna la tête vers moi, surpris que je lui parle. Avalant ce qu'il avait en bouche, il prit son temps pour me répondre.

- Comment tu le sais ?
- Tu portes la blouse de l'hôpital, ça veut dire que tu vas soit te faire opérer, soit faire des examens. Heureusement pour moi, ça fait déjà un petit moment que je peux m'habiller normalement. Enfin ... Je suppose que c'est normal, me demandais-je sans grande conviction.
- Et bien ... Un bermuda et un t-shirt longues manches noirs ... Rien de plus discret ! Me répondit-il.

Je souriais doucement quand une main se posa sur mon épaule. Qui nous dérangeait alors que nous mangions tranquillement ?

- Alors le nouveau, on mange avec « sans-mémoire » ?! Si tu veux te faire une réputation, il faudrait mieux que tu traînes avec nous. Moi c'est Dylan, c'est quoi ton nom ?
- Aaron et non merci, lui répondit-il sans lever les yeux vers lui, me fixant.
- Non merci quoi ? Demanda Dylan.
- Si tu suivais un peu, tu aurais deviné que je te disais « non merci » pour traîner avec toi. J'ai déjà quelqu'un avec qui passer mon temps libre. Et je préfère rester avec un sale petit chieur hautain comme Andrew qu'avec un pseudo gros dur comme toi, dit Aaron, levant enfin la tête vers Dylan.
- Merci, dis-je en ajoutant mon grain de sel, mais tu n'as pas un meilleur caractère que moi Aaron. En plus, tu portes toujours la blouse, lui dis-je avec un clin d'½il.
- Vous m'énervez tous les deux, vous allez voir ce qu'il se passe quand on ne m'obéit pas, ragea Dylan.

Comble du cliché, il releva ses manches tel celui qui s'apprête à défendre sa vie. C'en était trop pour moi et j'éclatai d'un rire bien sonore, directement suivi par Aaron. Dylan nous regardait, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Ensuite, tout arriva très vite. Tandis que je rigolais encore, je tournai la tête vers lui pour lui faire mon petit regard narquois mais j'eu à peine le temps de voir le poing qui venait s'entrechoquer contre ma mâchoire. Basculant en arrière sur ma chaise, je me redressai directement, près à riposter. Tous les autres jeunes de l'étage se rapprochèrent pour voir ce qu'y allait se passer. Une lueur déterminée dans le regard, Dylan avança vers moi. Souriant à pleine dent, je me rassis sur ma chaise, l'ignorant. Effet de surprise, j'aime ça. Et à quoi bon se battre quand les mots sont tellement plus forts ?

- Tu sais Dylan, tu m'as fait mal, lui dis-je, toujours sarcastique.
- Au moins, cela t'auras permis de peut-être retrouver ta mémoire ! Rigola-t-il, suivit d'un « Ooooh » venant des patients devenus public.
- Malheureusement, tes coups ne font pas des miracles, ricanais-je. Toi et ta petite bande, vous ne faites que « semer le trouble » dans notre étage et personne ne vous respecte vraiment ! J'ajoutai alors mon coup final, tandis que les visages de l'assemblée se décomposaient. Tu te crois fort mais tu veux juste te cacher derrière cette image. Tu t'es créé un personnage parce que personne ne te connaît en dehors de l'hôpital. Tout ça à cause de ta maladie, alors que tu pourrais justement repartir à zéro ...

Sa bouche s'ouvrit lentement sous le choc de mes mots. Ses poings s'abaissèrent, tout comme ses yeux. Voyant qu'il n'y avait plus rien d'intéressant à voir, les jeunes autour de nous repartirent à leur place. Lorsqu'il releva les yeux vers moi, je pus y voir toute la haine qu'il ressentait à mon égard mais je ne tressaillis pas, ce n'était pas le genre de chose qui me faisait peur. Il partit sur un dernier regard vers Aaron, suivit par ses deux acolytes. Je me rassis face à mon assiette et plantai ma fourchette dans une frite qui traînait.

- Je dois t'applaudir ? Me demanda ironiquement Aaron.
- Je l'ai juste remis à sa place. Maintenant, même s'il me déteste, il nous lâchera.
- Alors je peux te dire merci. Mais si j'avais été à ta place, je lui aurais envoyé ma droite en pleine joue, rigola-t-il.
- C'est la différence entre toi et moi, Aaron. Tu es impulsif alors que je suis quelqu'un de réfléchi.
- Et tu te lances souvent des fleurs comme ça ?
- Tout le temps, assurais-je, un sourire aux lèvres.

Quelques minutes plus tard, ayant fini notre repas de midi, nous retournâmes dans notre chambre. Passant devant un miroir, je jetai un coup d'½il à mon reflet et remarquai que ma lèvre saignait. J'essuyai rapidement la fine ligne de sang avec le coin de mon t-shirt et rejoignit Aaron.

- T'as pas envie de me faire un peu visiter les lieux ? Me demanda-t-il.
- Non, pas du tout ! Lui répondis-je en m'éloignant dans la direction opposée de celle de notre chambre.
- C'est toujours un plaisir de discuter avec toi, me cria-t-il du bout du couloir.

Je ne me retournai même pas, m'engouffrant dans l'ascenseur. Celui-ci descendit les étages jusqu'au niveau « Plage ». Je sortis, passai devant un homme bronzé type surfeur qui me donna un bracelet de localisation et pus enfin sortir. L'air marin me fit un bien fou, m'aérant l'esprit. Je parcourus quelques mètres sur le béton avant d'atterrir dans du sable. Enlevant mes baskets, j'enfouis mes orteils entre les grains dorés et regardai vers l'océan. Nous étions en début d'après-midi mais personne n'était sur la plage, le temps n'étant pas favorable. Je me retrouvai donc au calme, avançant jusqu'à ce que mes pieds frôlent l'eau. Elle était glaciale. Je fermais les yeux quand, subitement, une deuxième vague m'engloutissant jusqu'au mollet, j'eu un flash. Une odeur, un visage, une mélodie. Une jeune fille assise à un piano, le bruit de la mer en arrière-fond et son parfum m'enveloppant de toute part. J'ouvris les yeux, haletant. Je reculai de l'eau, apeuré, et m'assis, posant ma tête sur mes genoux. Que venait-il de se passer ? Je n'avais jamais vu le visage de cette fille et pourtant, je savais que je la connaissais. Etait-ce mon imagination qui me jouait un tour ou un souvenir qui avait refait surface ? Relevant la tête, je fixai mon regard sur l'horizon et une deuxième certitude m'envahit. Quelque chose de nouveau, quelque chose qui deviendrait essentiel dans la quête de ma mémoire.
« Elle s'appelle Lily ... »

# Posté le mardi 15 juillet 2008 08:48

Modifié le vendredi 18 juillet 2008 16:00

___________________________»___Ne perdons rien du passé. Ce n'est qu'avec le passé qu'on fait ___________________________»___l'avenir.___________________________Anatole France

___________________________»___Ne perdons rien du passé. Ce n’est qu’avec le passé qu’on fait ___________________________»___l’avenir.___________________________Anatole France
Chapitre 2
+
_____ - Encore là toi ?

Je relevai la tête pour apercevoir la nouvelle venue et découvris Katy, mon infirmière. Elle portait une légère écharpe bleu marine sur sa blouse blanche dont l'éclat ressortait sur son jeans foncé. Ses cheveux bouclés noirs tombaient en cascade sur ses épaules, voletant au grès du vent. Elle sortit de sa poche un paquet de cigarettes ainsi qu'un briquet argenté quand je la stoppai.

- Je t'apprécie beaucoup Katy, mais si je viens ici, c'est pour sentir l'air frais de l'océan me coller à la peau, pas pour rentrer dans ma chambre avec un goût de pétrole au fond de la gorge.
- Toujours aussi franc à ce que je vois, capitula-t-elle. Pourquoi viens-tu aussi souvent regarder les vagues ?
- Parce que j'aimerais me retrouver de l'autre côté ... Je ne veux pas passer ma vie à l'hôpital en attendant que quelqu'un veuille de moi ! C'est déjà assez dur d'être prisonnier de sa mémoire, alors je ne veux pas le devenir de ma chambre. Et puis, je ne sais pas. J'aime me retrouver ici. L'océan me parait tellement grand, je peux m'imaginer comme je le veux, refaire mon passé chaque jour. Cette étendue bleue représente une certaine forme de liberté pour moi, avouais-je.
- Je n'ai quitté la ville que pour partir à la montagne, chez mes grands-parents, et je ne me suis jamais sentie aussi encerclée. Comme si je n'avais plus d'air, confia-t-elle à son tour. Je ne te connais pas tellement Andrew, mais je suis persuadée que tu étais –et est toujours- un gamin génial. Avec un sale caractère certes, ajouta-t-elle, me faisant sourire, mais quelqu'un de bien en tout cas.
- Tu as quel âge Katy ?
- 24 ans, me répondit-elle, surprise. Pourquoi ?
- Pour en savoir un peu plus sur la femme qui se soucie de ma santé chaque jour ... Je commence à avoir froid, on se voit pendant ta dernière ronde, lâchais-je en me levant.

Je sentis son regard me suivre jusqu'à ce que je rentre dans le bâtiment et, tandis que je rendais le bracelet au surfeur de l'accueil, le visage de Lily me revint en mémoire. L'ascenseur grimpant les étages, je me focalisai sur chacun de ses détails. Sa coiffure était particulière. Courte avec des piques, blonde presque transparente à la Agyness Deyn, top model que j'avais découvert il y a une semaine sur la couverture d'un magasine de mode de la salle d'attente. Elle portait un t-shirt bleu marine à manche trois-quarts assorti à un slim noir. Elle avait des yeux gris avec quelques tâches noires qui ressortaient sous la couleur de ses cheveux. Me focalisant ensuite sur le décor, je remarquai que, bien qu'elle soit assise devant un piano, elle ne jouait pas. Seul le bruit des vagues venait troubler le silence. Lily se trouvait dans une pièce qui donnait sur la plage et la mer, je supposai que c'était une véranda. Et c'était tout. Je n'avais rien d'autre mais, aussi faible soit ce souvenir –car c'en était un pour moi-, il m'était essentiel. Retrouvant mes esprits, je poussai la porte de ma chambre et trouvai Aaron, complètement avachi en travers de son lit, la Tv allumée.

- Vive la jeunesse, marmonnais-je en m'asseyant sur mon lit. Tu comptes te transformer en limace prochainement ?
- Très drôle Kyle, me répliqua Aaron, suivi d'un grognement digne d'un buffle.
- Ne m'appelle plus comme ça, c'est déjà assez dur de ne me souvenir de rien ...
- Tu as vraiment tout oublié ? Me demanda-t-il, intrigué.
- Et bien, je sais juste que je m'appelle Andrew et que j'ai 16 ans, c'est tout, lui répondis-je, cachant l'existence de Lily.
- Pourquoi tu es ici ?
- Mon plus vieux souvenir est le mur blanc de cette chambre. Je ne sais pas comment je suis arrivé ici, on n'a d'ailleurs jamais voulu me le dire ... Dis-je, songeur.
- C'est étrange, s'interrogea-t-il à son tour. En tout cas, si je peux t'aider pour que tu retrouves ta mémoire, n'hésite pas !
- Merci, m'étonnais-je, mais pourquoi cette attention soudaine ?
- Mon grand-père avait Alzheimer, je sais que c'est très dur de ne se souvenir de rien, me dit-il tristement.

« Désolé » fut le seul mot qui me vint à l'esprit, ne sachant et ne voulant pas m'éterniser dans ses souvenirs. Me levant et lui prenant la télécommande des mains, je coupai le son et retournai m'asseoir. S'asseyant à son tour, il me regarda, suspicieux.

- Pourquoi toi tu es ici ? Demandais-je alors.
- J'ai un problème à mon foie et je dois me faire opérer ... Demain, ajouta-t-il alors. Ca fait combien de temps que tu es ici ?
- 44 jours aujourd'hui. Et dire que tu n'en es qu'à ton premier ... Tu vas vite en avoir marre, crois-moi.
- Tu sais, tant que j'ai la télévision, un magasine ou l'autre. Et puis, la plage est juste à côté ! Je pourrai continuer à faire du sport en allant nager si l'eau n'est pas trop froide, affirma-t-il.

Aaron était blond, avec des épaules carrées, son 1m80 largement atteint et on aurait facilement pu le confondre avec ces jeunes lycéens footballeurs-stars que j'avais déjà vu dans des séries niaises. Seulement, même si je ne le connaissais que depuis ce matin, je savais qu'il n'était pas comme ça. J'aimais cerner les gens et je me trompai rarement, jusqu'à présent en tout cas.

- Malheureusement pour toi, ils ne nous laissent pas nager dans l'océan. Possibilité d'évasion qu'ils disent ... Rajoutais-je, un air de dégoût sur le visage.
- Je vois ... Tu seras là pour me tenir compagnie, dit-il, pour soulager l'atmosphère.
- Ne compte pas être sur mon dos 24/24h, le narguais-je, mais je t'apprendrai la vie ici si tu veux !
- Pourquoi pas. Dis-moi, une dernière question ... Personne ne t'as jamais recherché ? Me demanda-t-il, gêné.
- La police a lancé des avis mais personne n'est venu, non ...

Même moi, je perçus la tristesse qui perçait dans ma voix et je remis directement le son de la télévision pour couper court à la discussion. Aaron respecta mon choix et se remit en position de larve. Quand à moi, j'optai pour un livre que Katy m'avait apporté. L'ouvrant, quelque chose tomba sur mes genoux. Ce devait être un signet qu'elle avait oublié et je l'ignorai, plongeant dans les premières pages du livre. Deux heures plus tard, fatigué d'avoir tant lu, je pris le marque-page dans mes mains pour l'utiliser à mes fins personnelles. C'était une photo et je la retournai pour pouvoir voir de quoi il s'agissait. Surpris, je retins un hoquet de frayeur en reconnaissant Lily, habillée de la même façon que dans mon souvenir. Il y avait à peine quelques heures, j'étais persuadé que, même si je ne connaissais pas mon passé, j'étais maître de mon destin. Mais en voyant cette photo, un doute s'insinua lentement en moi ...
« Et si on me manipulait ? »

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 16:56

Modifié le vendredi 18 juillet 2008 15:59

___________________________»___Nous avons les souvenirs que nous méritons.___________________________Gérard Bauër

___________________________»___Nous avons les souvenirs que nous méritons.___________________________Gérard Bauër
Chapitre 3
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_____ Toujours abasourdi par ce que je venais de voir, je reposai doucement le livre sur ma table de nuit, me tournant vers Aaron. Il leva la tête vers moi, intrigué, et dû voir que quelque chose n'allait pas car il éteignit la télévision qui braillait encore.

- Qu'est-ce qu'il se passe Andrew ?

Je l'ignorai, ne sachant lui répondre. Pourquoi tout cela m'arrivait maintenant, 44 jours déjà après mon réveil, et surtout le jour de l'arrivée de mon « colocataire » ? Et si Aaron était dans la combine ? Et si la vision de Lily qui m'était apparue n'était en fait qu'un déjà-vu de la photo que j'avais oublié ? Et si Katy avait fait exprès de laisser cette photo pour moi ? Et si elle en savait plus que moi sur mon passé ? Une petite voix me chuchota que je ne connaissais pas Aaron, que cela ne faisait qu'un jour qu'il était là et que je ne savais rien de ses intentions. Je ne devais pas m'attacher à lui aussi rapidement, il fallait que je reste sur mes gardes, sans éveiller de doutes auprès de lui ou de Katy. Jetant un regard angoissé autour de moi, je me giflai intérieurement, me promettant de ne plus être aussi parano par la suite. Il fallait vraiment que je me calme ...

- Andrew ?
- C'est bon, ça va. Je ... J'avais juste la tête qui tournait un peu, lui répondis-je, distant.
- Tu es sûr ? On ne dirait vraiment pas, insista-t-il.
- Lâche-moi Aaron, répliquais-je sèchement.
- C'est bon, tu n'es pas obligé d'être méchant avec moi sous prétexte que quelque chose ne va pas. T'es sympa mais au fond t'es un vrai con.

Il se leva et sortit de notre chambre, claquant la porte derrière lui. Me laissant tomber en arrière sur mon lit, je soupirai bruyamment et fis ma tête boudeuse d'enfant gâté. Qu'est-ce qu'il croyait ? Que j'étais gentil en permanence ? Alors il se trompait royalement. J'étais Andrew, le vrai petit emmerdeur qui ferait chier son monde jusqu'à ce qu'il découvre son passé. Eclatant d'un rire triomphant, je sortis à mon tour pour me rendre au réfectoire car c'était l'heure du dîner. Ouvrant la porte, je faillis m'étaler de tout mon long par terre en cognant dans une masse mais je pus me rattraper de justesse à l'encadrement. Baissant les yeux pour voir qui était la cause de ma presque-chute, je découvris Aaron qui était assis, dos contre mes jambes, les siennes relevées contre son torse. Il pencha la tête en arrière pour me regarder et j'éclatai de nouveau de rire.

- J'avais juste pas d'endroit où aller, pas besoin d'en faire toute une histoire, marmonna-t-il en s'éloignant dans le couloir à la suite d'autres patients.
- C'est la meilleure celle-là, rigolais-je encore en le rattrapant. Allez, attends-moi. Je m'excuse, c'est ça que tu veux entendre ?
- A genoux, c'est possible ? Me demanda-t-il, mon rire le gagnant lentement.
- Va voir ailleurs, le raillais-je, m'installant à table.

Nous mangeâmes en silence, ne nous regardant même pas. Pour ma part, j'étais bien trop occupé à penser à Lily et tout ce qui tournait autour, oubliant presque mon assiette. Plus j'y réfléchissais et moins j'y comprenais quelque chose. Aaron, lui, engouffrait aliments sur aliments puisqu'il ne mangerait plus avant le lendemain midi à cause de son opération. Je le regardai se goinfrer tandis que j'avais du mal à avaler un morceau de viande. Avais-je été végétarien avant ? Cette pensée me fit sourire car étant donné mon caractère, qui était le même, j'en étais certains, je ne pouvais être que carnivore. C'était bizarre car je me rendis compte que la seule chose qui me restait de mon passé était mon physique. J'étais très différent d'Aaron, plus poète que footballer. Mes cheveux bruns bouclés m'arrivaient en dessous des oreilles et j'aimais pouvoir passer ma main dedans. Mes yeux étaient bruns, virant parfois au vert sous la lumière et Katy m'avait déjà dit que j'avais un regard intense. Une mâchoire carrée soulignait mon visage et, au final, je me trouvais encore assez beau, sans vouloir être modeste ou prétentieux. Soudain, une nouvelle question me vint à l'esprit, une question simple mais à laquelle je n'avais jamais pensé. En m'interrogeant sur ce sujet, je me rendis enfin compte que je n'étais encore qu'un adolescent qui avait la vie devant lui. Mais peut-on construire sa vie sans connaître son passé ? Ma réponse fusa –non. Réfléchissant à ma question précédente, je ne pus y répondre puisque mon savoir à ce sujet-là était limité. Vraiment très limité. Je ne savais au final toujours pas ce qu'était l'amour ...
« Avais-je été amoureux de Lily ? »

# Posté le vendredi 18 juillet 2008 11:42

Modifié le vendredi 18 juillet 2008 15:58